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Santé mentale : on en parle avec INTÉRIALE (5/5)

03/06/2022 - 4 minutes de lecture
Aujourd’hui, interview de Catherine Pinson, psychologue clinicienne, cheffe du Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO) au ministère de l’Intérieur, service engagé au quotidien pour soutenir et accompagner l’ensemble des agents de ce ministère. A travers une semaine d’actus dédiée à la santé mentale, INTERIALE fait le point sur cet enjeu phare pour les agents publics et les jeunes, que le groupe accompagne. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 25% de la population mondiale est concernée à un moment ou un autre de sa vie par un trouble psychique. En France, et le dernier baromètre « Santé et Prévention » INTERIALE / CSA en atteste, les troubles psychiques se sont largement développés avec la crise sanitaire. Mais de quoi parle-t-on au juste ?

L’objectif du SSPO est d’ouvrir un espace de dialogue

Catherine Pinson, Psychologue clinicienne, Cheffe du Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO) au ministère de l’Intérieur

 

Quand le SSPO a-t-il été créé ?

 
Le Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO) a été mis en place en 1996 par le ministère de l’Intérieur dans un contexte particulier. L’année 1996 fut marquée par un nombre important de suicides chez les policiers ainsi que par la première vague d’attentats de 1995 à Paris, qui a engendré une prise de conscience du traumatisme psychologique des professionnels de l’intervention. Les institutions concernées ont mis en place des dispositifs internes dédiés aux blessés psychiques : le SSPO doit ainsi permettre la prise en compte des risques spécifiques liés aux missions des policiers.

 

Quelles sont les actions mises en œuvre par le SSPO ?

 

Lorsque nous sommes informés d’un événement à risque (agression, usage d’arme à feu, scène de violence…), le SSPO va vers les agents pour proposer un accompagnement individuel ou collectif. Il s’agit d’ouvrir un espace de dialogue, ce qui est facilité quand l’échange est collectif. Nous avons également mis en place un numéro vert national (0805 20 17 17) qui permet aux agents de joindre le psychologue de leur secteur. Une prise en charge pourra être installée en fonction des besoins, en général sur quelques mois. L’objectif est de permettre aux policiers de continuer à exercer leur métier dans de bonnes conditions, en réduisant l’impact des difficultés qu’ils traversent, à un moment de leur carrière. La nuit et le week-end, une astreinte est organisée afin de répondre aux situations nécessitant un conseil ou une réponse rapide et de se rendre sur site si nécessaire. Le SSPO n’est cependant pas un service d’urgence : il ne faut pas hésiter à appeler le 15 si besoin.

 

Êtes-vous beaucoup sollicités ?

 

Nous avons ouvert le 100ème poste de psychologue clinicien récemment. En 2021, le SSPO a proposé près de 2 420 actions individuelles ou collectives, et organisé plus de 39 600 entretiens : un chiffre en hausse de plus de 8% par rapport à 2020. La progression est constante, preuve de l’utilité du service, même si ce dernier ne peut répondre à toutes les situations. Il est important de rappeler que le SSPO s’adresse à l’ensemble des personnels actifs, quels que soient le grade ou la fonction : policiers actifs, administratifs et PATS (Personnels Administratifs, Techniques et Scientifiques). Je souhaite également souligner la dimension confidentielle de notre accompagnement, mis en place dans la discrétion, afin que chacun puisse être aidé.

 

A NOTER

 

En complément des actions de soutien des psychologues du SSPO et de la cellule « Prévention suicide » de la DRCPN au ministère de l’Intérieur, deux associations faisant l’objet d’une convention de partenariat avec le ministère de l’Intérieur et constituées de policiers et de psychologues viennent également en aide à leurs collègues policiers en souffrance : il s’agit de PEPS SOS et de Alerte Police en Souffrance (APS).

 
 

Retrouvez le dossier consacré à la santé mentale dans le mag de Mars 2022