La bigorexie : Quand le sport devient une addiction

25/12/2020 - 5 minutes de lecture
L’addiction au sport, vous connaissez ? Appelée bigorexie ou sportoolisme, elle touche environ 10% des sportifs qu’ils soient amateurs ou professionnels. L’activité physique est bonne pour la santé mais pratiquer en excès, elle peut avoir des effets néfastes sur sa santé mentale et physique. A quel moment peut-on dire que nous sommes ‘addict’ au sport ? Quelles sont les sports les plus touchés par cette addiction ? INTERIALE vous apporte des éléments de réponses sur cette addiction méconnue.

L’activité physique est bénéfique pour la santé !

 

Vous n’avez sans doute pas échappé aux messages de santé publique faisant la promotion de l’activité physique : les 10 000 pas par jour, pratiquer une activité physique régulière, c’est le fameux « manger-bouger ». Il est connu et reconnu que l’activité physique a de nombreuses vertus sur la santé, que ce soit pour lutter contre la sédentarité, le surpoids, les maladies cardio-vasculaires (renvoi lien hypertexte), ou pour booster les défenses immunitaires, et même pour le moral !

 

 

Mais, l’excès de sport peut devenir une addiction et nuire à la santé

 

Même si le sport est bénéfique pour la santé ; le  pratiquer peut devenir une addiction comportementale. Une dépendance s’installe alors : la bigorexie. 

 

Elle se traduit par :

    • Un besoin irrépressible de pratiquer de l’activité physique (dépendance)
    • L’impossibilité de se passer des séances de sports très régulières voire quotidiennes. Le moindre contretemps pouvant altérer le déroulement « idéal » de la journée (entraînement, heures des repas, plages de repos) est vécu comme une agression insupportable.

 

En cas de non-pratique de sport, une sensation de manque survient:

  • Irritabilité
  • Obsession de la pratique du sport
  • Sensation de mal-être
  • Mauvaise humeur
  • Opinion altérée d’eux-mêmes (tendance à se voir plus gros qu’ils ne le sont)
  • Des troubles du sommeil
  • Le besoin de dépassement permanent, aux delà de ses propres limites corporelles
  • Consommations à risque possibles (prises de drogues, produits anabolisants)
  • Troubles alimentaires possibles (liés à des régimes restrictifs)
  • Impact sur la sphère personnelle et professionnelle
  • Isolement social, repli sur la pratique sportive

 

On peut donc parler d’addiction au sport dès lors que cette pratique se fait au détriment des relations sociales, professionnelles ou familiales.  

L’accro au sport, ne parvient pas à réduire sa fréquence et sa durée d’entraînement, ne maîtrise plus son rythme de vie qui est entièrement axé autour de sa pratique sportive.

 

 

Quels sports sont les plus touchés ? 

 

La bigorexie concerne tous les sports mais certaines pratiques sont plus à risque, telles que :

  • Les sports d’endurance (courses à pied, plus particulièrement)
  • Les sports de type musculation, culturisme.

Ces sports sont particulièrement liés au dépassement de soi et de ses performances, mais également à l’image. Une recherche de sensations fortes peut également entraîner une dérive vers une pratique addictive.

 

 

Comment devient-on accro ?

 

La pratique du sport permet la libération d’endorphines, des molécules procurant un état de bien-être, permettant de réduire le stress et d’accroître la sensation de bonheur. C’est parfois cette sensation de bien-être qui est recherchée par une pratique excessive.

Les sentiments de vide affectif et d’isolement sont parfois des sources de motivation pour la pratique d’un sport. 

 

 

Que faire en cas d’addiction au sport ?

 

Comme pour toute addiction, la prise de conscience est importante ! Une thérapie et un sevrage progressif peuvent être nécessaires. Pour cela, des professionnels de santé tels que les médecins addictologues ou psychologues sont à votre écoute pour vous aider à mieux comprendre votre addiction et y remédier.

Le but ne sera pas d’arrêter totalement l’activité mais d’apprendre à retrouver du plaisir et à restaurer la liberté de choix dans la pratique.

Certains centres d’addictologie sont spécialisés dans l’addiction au sport, n’hésitez pas à vous renseigner dans votre région si vous pensez être concerné(e).