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Seniors et prise de poids

Seniors et prise de poids

La fin de la vie professionnelle entraîne souvent une évolution des habitudes quotidiennes qui favorise la prise de poids. Ce n’est pourtant pas une fatalité. Explications.

Benoît a toujours été un homme actif. A 16 ans, il débutait dans la restauration « tout en bas de l’échelle ». Il a ensuite gravi les échelons jusqu’à devenir propriétaire d’une grande brasserie niçoise. « C’était du 7 heures à 23 heures, six jours sur sept, explique-t-il. Quand j’entendais les gens parler de régime, je leur riais au nez. Moi, je mangeais n’importe quoi, n’importe quand, et j’étais filiforme ! »

Fin 2009, Benoît prend sa retraite « après quarante-quatre ans de métier ». Six mois plus tard, il a aussi pris… quinze kilos. « J’ai changé de taille de pantalon quatre fois dans l’année, soupire-t-il. C’est ce qui m’a fait réaliser que je partais en vrille. Je suis allé voir mon médecin. Il a ressorti la fiche de ma dernière visite avec mon poids écrit dessus… et m’a regardé d’un drôle d’air ! J’étais en train de devenir obèse ! »

Le cas de Benoît est loin d’être exceptionnel. La plupart des gens prennent du poids en abandonnant la vie active. «Plusieurs éléments sont en cause, détaille le Dr Robert Benchetrit, médecin généraliste à Antibes. D’abord, le changement de rythme au quotidien : on bouge moins, l’activité physique diminue. Souvent, comme on a plus de temps libre, on mange davantage… alors qu’il faudrait, au contraire, adapter son régime alimentaire !»

Il arrive fréquemment que les nouveaux retraités traversent une période de déprime liée à l’entrée symbolique dans le troisième âge. « Ils grignotent, ils ont tendance à se laisser un peu aller, confirme Robert Benchetrit. Il n’y a plus les collègues de bureau pour vous taper sur le ventre et vous faire remarquer que vous avez pris un ou deux kilos pendant les vacances ! »

A cela s’ajoutent des facteurs directement liés à l’âge. Le métabolisme de base se ralentit, l’organisme consomme globalement moins d’énergie. Si les apports caloriques ne diminuent pas, le corps se trouve obligé de stocker le surplus.

Un impact sur la santé

« Ce n’est pas seulement un problème esthétique, insiste le Dr Benchetrit. Etre en surpoids ou obèse peut avoir un impact sur la santé à n’importe quel âge, mais c’est encore plus vrai lorsqu’on vieillit ! »

La graisse abdominale, par exemple, est un facteur de risque cardio-vasculaire connu. « Après 70 ans, si on est trop lourd, on se déplace avec davantage de difficultés. On est essoufflé, on peine à marcher au-delà de quelques mètres. Et c’est un cercle vicieux : moins on fait d’effort physique, plus la graisse s’installe ! », prévient le généraliste.

Prendre du poids en prenant sa retraite n’est pourtant pas une fatalité. « C’est un passage, une étape qui doit se préparer en amont, affirme Robert Benchetrit. Je le répète sans cesse à mes patients. Un an avant de quitter la vie active, il faut se bâtir une seconde vie… tout aussi active ! Mais différemment. Organiser son temps libre, s’inscrire dans un club de sport, s’obliger à conserver une activité intellectuelle : tout cela est absolument nécessaire. »

Tout comme il est indispensable d’adapter son alimentation. « Il n’est jamais trop tard pour bien faire, rassure Sophie Renucci, diététicienne dans une maison de retraite de la Côte d’Azur. Dès 60 ans, on peut rééquilibrer ses repas en diminuant les graisses et en augmentant les fruits et les légumes. Il ne s’agit pas de se priver de quoi que ce soit : simplement de trouver un juste milieu. »

« Après 70 ans, il est plus difficile de perdre du poids car on a tendance à éliminer d’abord les muscles, conclut-elle. Raison de plus pour s’y atteler le plus tôt possible… ».

Hommes et femmes inégaux devant la balance

Le risque de prendre du poids à la retraite est plus important pour les femmes que pour les hommes. En cause, bien sûr, cette première étape délicate qu’est la ménopause, franchie généralement quelques années avant la retraite. « En moyenne, durant les quatre ou cinq premières années, les femmes prennent 500 grammes par an, indique le Dr Benchetrit. L’arrêt de la sécrétion d’œstrogènes s’accompagne d’une modification de l’appétit. Ces phénomènes s’ajoutent à ceux que connaissent tous les nouveaux retraités : changement de rythme, baisse de l’activité, déprime… Il est donc encore plus difficile, pour les dames, de maîtriser le mouvement de l’aiguille sur la balance ! »

Il reprend toutefois : « Difficile… Mais pas impossible. La cessation de l’activité professionnelle peut aussi être l’occasion de s’occuper de soi, de se prendre en mains et d’évacuer les petits kilos qui se sont installés depuis le passage à la cinquantaine. »
Cédric Portal – Source Mutualité Française (mutweb)

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Vous pouvez également composer ce numéro pour obtenir une écoute ou des informations sur le cancer, les maladies cardio-vasculaires, le maintien de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, la santé visuelle, les addictions et le médicament, ainsi que pour connaître le calendrier des Rencontres santé organisées près de chez vous.

Sylvie Livet

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