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La luminothérapie : lampe magique ?

La luminothérapie : lampe magique ?
La luminothérapie consiste à s’exposer quotidiennement face à une lampe reproduisant la lumière naturelle. Les scandinaves en font une grande consommation et peuvent même aller boire leur café le matin dans des bars équipés en luminothérapie !

Un peu d’éclairage

La luminothérapie trouve son origine à la fin du 19e siècle au Danemark. Elle est utilisée depuis plus de 20 ans dans les pays scandinaves et au Canada où une part importante de la population souffre d’un blues hivernal dû au manque de contact avec la lumière naturelle.

La séance de luminothérapie

La durée d’exposition est variable, à utiliser pendant 2 heures à intensité faible ou 30 minutes à intensité élevée. Le principe est de s’exposer quotidiennement à une source artificielle de lumière dont la puissance est de 10 000 lux (unité de mesure de l’éclairement lumineux). Ces séances peuvent se faire en institut, en milieu hospitalier, chez soi, au bureau…

Ses bienfaits et applications thérapeutiques

Différentes études ont démontré qu’une utilisation suivie de la luminothérapie pouvaient avoir des effets positifs sur :

  • le traitement de la dépression saisonnière et non saisonnière ;
  • le bon déroulement du sommeil (insomnie, éveil matinal précoce) ;
  • la réduction des problèmes liés au décalage horaire (voyage en avion et travail en horaires décalés) ;
  • la réduction des symptômes dépressifs relatifs au syndrome prémenstruel.

La grande vertu de la luminothérapie est de diminuer les dépressions saisonnières, de retrouver du tonus et de retrouver une meilleure qualité de sommeil. À partir de septembre et jusqu’au mois de mars, les jours raccourcissent et la luminosité baisse. Notre organisme produit plus de mélatonine durant la journée (hormone sécrétée normalement le soir au moment de s’endormir). Cette augmentation de mélatonine produirait une diminution du tonus pouvant être à l’origine de la dépression saisonnière chez certaines personnes sensibles.

Les contre-indications

Elle n’a pas d’impacts sur les yeux. Son utilisation est déconseillée uniquement aux personnes souffrant :

  • de problèmes oculaires (cataractes, rétinite pigmentaire, dégénérescence maculaire et glaucome) ;
  • de maladies affectant la rétine (diabète, herpès) ;
  • de certaines maladies psychiques (paranoïa, schizophrénie…)

Avant de commencer des séances de luminothérapie, la consultation d’un médecin généraliste, d’un ophtalmologue ou d’un psychiatre (dans le cadre de la prise en charge d’une dépression) est vivement recommandée.

La prise en charge

  • Les séances de luminothérapie ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale.
  • Le prix d’une séance en centre de luminothérapie varie entre 10 et 15€ la séance.
  • Les appareils de luminothérapie à domicile ne sont pas remboursés. Le prix de ces appareils varie entre 50€ et 200€.

Source : Interiale Info Magazine n°29

 

Quels sont les bienfaits de la lumière naturelle sur notre organisme ?

[INTERVIEW] Docteur Antoine Viola Chercheur en Neurobiologie au Centre de Chronobiologie de l’Université de Bâle et au Centre des Troubles du sommeil de l’Université de Strasbourg répond à nos questions.

Docteur Viola, pouvez-vous nous expliquer quels sont les effets de la lumière du jour sur notre organisme ?
AV : Nous percevons la lumière par notre œil qui comporte divers récepteurs. Ces récepteurs sont sensibles à différents types de lumière, particulièrement à la lumière bleue. Ce sont eux qui vont nous permettre de nous synchroniser sur un rythme jour-nuit. La lumière du jour va nous rendre actifs, nous stimuler, agir sur nos performances et nous empêcher de dormir. Le fait qu’il n’y ait plus de lumière nous permet d’entrer dans une phase de sommeil.

Quels sont les méfaits d’une mauvaise utilisation de la lumière ?
AV : En soirée, nous utilisons de nombreux appareils munis de lumières de type LED (écrans d’ordinateur, TV, smartphone) qui diffusent une lumière enrichie en bleu. Elle va contribuer à éveiller notre organisme, à l’inverse d’une lumière dite chaude (orange-rouge).

L’utilisation de la lumière est à double tranchant car, si on l’utilise au mauvais moment, elle peut nous empêcher de trouver le sommeil. On peut faire le parallèle avec la consommation de caféine : principe actif et positif le matin et excitant et négatif le soir !

Quels sont les dangers liés au manque d’exposition à la lumière ?
AV : Les personnes travaillant de nuit, par exemple, sont soumises à une lumière artificielle pendant la durée de leur service : cette lumière va avoir un effet stimulant et va inhiber la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.

Comment la luminothérapie peut limiter ces effets ?
AV : Avant tout, l’important est de protéger notre horloge interne ! Le sommeil doit avoir lieu au cours de la nuit. Si on impose au corps de s’endormir à d’autres moments, l’organisme ne va pas se régénérer de la même manière. La luminothérapie va mimer la lumière du jour et améliorer la régularité de notre horloge interne. Elle est utilisée pour aider les personnes souffrant de dépressions saisonnières, de coup de blues mais aussi les personnes présentant des troubles de l’horloge interne. Le traitement est adapté en fonction du type de dérèglements ou de pathologies dont la personne souffre. Il consiste en une exposition, allant de plusieurs minutes à plusieurs heures, en matinée, devant un appareil diffusant de la lumière à forte intensité. Cette exposition à la lumière va permettre d’améliorer notre bien-être, notre humeur et nos performances cognitives !

L’utilisation de la luminothérapie est-elle répandue ?
AV : En France et en Europe du sud, toute une éducation est à faire sur l’importance de la lumière. Trop de lieux de travail sont totalement calfeutrés sans laisser passer la lumière naturelle.
Dans les pays scandinaves qui pâtissent d’un manque de lumière, il y a une utilisation plus fréquente de la luminothérapie et l’information, notamment sur l’hygiène du sommeil, est mieux diffusée.
L’utilisation de la luminothérapie en maison de retraite, mais aussi dans les bars, s’y développe de plus en plus : les scandinaves peuvent aller boire leur café le matin dans des bars équipés en luminothérapie !

En France, on manque d’information. Qui de nous utilise par exemple une appli smartphone pour réduire l’intensité lumineuse ou bien filtrer le LED ?
Un dernier exemple d’utilisation de la luminothérapie : Une personne atteinte de la maladie de Parkinson a une perturbation du rythme et va très mal dormir la nuit. Le fait d’utiliser la luminothérapie va l’aider à mieux dormir. On a remarqué qu’avec un traitement en luminothérapie, la thérapeutique médicamenteuse est plus efficace. La qualité de vie, de sommeil et du traitement du malade est ainsi améliorée. La luminothérapie peut aider ces personnes à avoir une alternance veille-sommeil.

N’oublions pas que la qualité du sommeil est essentielle pour conserver sa santé !

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