1. Prévention - Mutuelle Intériale
  2. Tous les Articles
  3. Le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien

Le syndrome du canal carpien
Il s’agit d’un des troubles musculosquelettiques les plus répandus en France. Le syndrome du canal carpien touche plus de 10 % de la population, particulièrement les femmes ayant une activité manuelle répétitive.

Le syndrome du canal carpien, c’est quoi ?

Le canal carpien désigne un « tunnel » situé à la face antérieure du poignet. Il est placé au-dessus des os du poignet (nommés carpe) et en dessous du ligament transverse. Il contient les neuf tendons des muscles fléchisseurs des doigts (permettant de serrer la main) et le nerf médian.

Le syndrome du canal carpien correspond aux troubles liés à la compression du nerf médian lors de son passage dans le canal carpien. Ce nerf est responsable de la sensibilité d’une partie de la main (pouce, index, majeur et une partie de l’annulaire) et assure l’innervation[1] des muscles du pouce. Lorsque ce nerf est comprimé, l’influx nerveux passe difficilement et des symptômes apparaissent.

[1] Innervation : qualifie la manière dont les nerfs sont distribués et répartis au sein d’un organe

Quels sont les symptômes du syndrome du canal carpien ?

Ces symptômes dépendent du degré d’évolution de la maladie et se manifestent sous plusieurs formes :

  • Fourmillements
  • Picotements
  • Engourdissement progressif
  • Sensation de décharge électrique
  • Sensation de gonflement (ou enflure) des doigts
  • Perte de sensibilité
  • Diminution de la force musculaire

En cas d’apparition de l’un de ces symptômes, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant. Ce dernier effectuera un examen physique et pourra demander des analyses complémentaires pour confirmer la présence d’un syndrome du canal carpien.

Quelles sont les causes possibles de ce syndrome ?

Un ensemble de facteurs peut conduire à une augmentation de la pression sur le nerf médian :

  • Facteurs hormonaux ou métaboliques : diabète, grossesse, ménopause, hypothyroïdie
  • Anomalies constitutionnelles ou acquises : canal carpien naturellement étroit, déformation, anomalies du trajet d’artères
  • Certaines maladies et affections : polyarthrite rhumatoïde[1], goutte[2], kystes, tumeurs, obésité, traumatismes, blessures
  • Mauvaises postures : mouvements de flexion-extension et de torsion du poignet
  • Répétitivité des gestes : mouvements répétés de la main et du poignet lors de certaines activités professionnelles (conduite de véhicules, travail sur écran, métier du conditionnement et de l’emballage…) et extraprofessionnelles (bricolage, jardinage, ménage, instruments de musique, activités sportives…)
  • Force sollicitée au niveau de la main et du poignet : objets lourds à porter, postures statiques prolongées, utilisation d’armes à feu, mouvement en pince « pouce-index », sport avec poids…
  • Facteurs environnementaux : température froide (métiers de l’agroalimentaire, travail en extérieur…) et exposition aux vibrations (conduite de véhicules, utilisation d’outils vibrants…)

[1] Polyarthrite rhumatoïde : maladie inflammatoire des articulations

[2] Goutte : forme particulière d’arthrite qui provoque des crises récurrentes de vives douleurs à une ou quelques articulations.
À savoir !

Le syndrome du canal carpien peut aussi survenir sans qu’aucune cause ne soit identifiée. On parle dans ce cas de « syndrome du canal carpien idiopathique ». Certaines personnes sont en effet plus prédisposées à développer une compression du nerf médian que d’autres.

Syndrome du canal carpien, comment se soulager ?

Dans deux cas sur trois, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes. Dans le cas contraire, plusieurs options existent :

  • Immobilisation du poignet : mise en place d’une orthèse[1] ou d’une attelle (le plus souvent durant la nuit)
  • Prescription de médicaments : pour lutter contre la douleur et l’inflammation, des anti-inflammatoires spécifiques peuvent être prescrits par le médecin.
  • Infiltration : en cas de violentes douleurs ou de douleurs persistantes, une infiltration de corticoïdes peut être effectuée directement au niveau du canal carpien.
  • Intervention chirurgicale : dans de rares cas, l’intervention chirurgicale est nécessaire. Elle est proposée lorsque les douleurs persistent après plusieurs mois de traitement et que l’activité professionnelle entraîne un risque de récidive.

[1] Orthèse : Appareil orthopédique permettant de protéger, d’immobiliser ou de soutenir une partie du corps.

Comment se déroule une opération du canal carpien ?

Chaque année, près de 130 000 personnes se font opérer du syndrome du canal carpien.

Cette opération consiste à réaliser une incision du ligament transverse (responsable de la pression du nerf). Dans 98 % des cas, elle se déroule sous anesthésie locale du bras. L’hospitalisation est de courte durée (quelques heures après l’opération) ou, dans certains cas, peut aller jusqu’à deux jours en fonction de l’état de santé, de la situation familiale ou géographique du patient. Après l’intervention, une douleur et une gêne au niveau de la paume de main apparaissent et sont tout à fait habituelles. Elles disparaissent généralement en 3 mois environ.

À la suite de l’opération, aucune immobilisation du poignet ou des doigts n’est prescrit. Au contraire, il est recommandé de pratiquer une auto-rééducation durant les deux premiers mois qui suivent l’opération. C’est-à-dire de bouger les doigts en permanence en évitant les manœuvres de force telles que : porter un objet lourd, dévisser un couvercle… Quant aux complications secondaires après opération, elles sont rares mais toujours possibles. Une rechute peut également survenir et donner lieu à une seconde opération qui peut être pratiquée mais qui reste délicate à réaliser.

Comment éviter le syndrome du canal carpien ?

Oui ! Des actions préventives existent ! Voici quelques conseils à appliquer au quotidien et particulièrement sur votre lieu de travail :

  • Reposer régulièrement les mains et les poignets durant l’exécution de tâches répétitives. En profiter pour étirer doucement le poignet.
  • Varier les positions et si possible, alterner les mouvements d’une main à une autre.
  • Limiter la force employée pour certaines actions au niveau du poignet (par exemple : appuyer sur les touches du clavier avec légèreté).
  • Veillez à ce que les poignets n’appuient pas sur des surfaces rigides durant de longues périodes (par exemple : bord du plan de travail).
  • Tenir les objets à pleine main plutôt que du bout des doigts.
  • Limiter la durée d’utilisation d’objets vibrants.
  • Eviter de « casser » le poignet lors de l’utilisation de la souris ou du clavier.

N’oubliez pas, varier les postures reste le meilleur geste pour protéger son corps !

Retour
Nous contacter
Nous suivre