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La scoliose chez l’enfant

La scoliose chez l’enfant
Environ 2 à 3 % des adolescents souffrent d’une scoliose. Actuellement, on recense un ratio d’environ 8 à 9 filles pour chaque garçon atteint de la pathologie.

Qu’est-ce qu’une scoliose ?

Une scoliose correspond à une déformation progressive et permanente de la colonne vertébrale (nommée également rachis) dans les trois plans de l’espace, à savoir :

  • vers le haut ou le bas
  • vers la droite ou la gauche
  • vers l’avant ou l’arrière

Elle entraîne une torsion du rachis et une déformation du thorax, de l’abdomen et des zones paravertébrales (proches du rachis). Cette déviation est liée à une rotation des vertèbres les unes par rapport aux autres. En fonction des vertèbres touchées, la scoliose peut être à prédominance thoracique (plutôt dans le haut du dos, entre les omoplates) ou lombaire (plutôt dans le bas du dos). Elle génère obligatoirement une déformation du haut du dos sous forme de bosses asymétriques, nommées gibbosités.vers l’avant ou l’arrière

Attention ! Ne pas confondre la scoliose avec une « attitude scoliotique ». Cette dernière est une déviation réductible, c’est-à-dire que le médecin peut la diminuer par un changement de position à l’inverse de la scoliose, qui est non réductible.

La scoliose de la puberté : la scoliose idiopathique

La scoliose idiopathique représente la forme de scoliose la plus répandue à l’adolescence. Le terme « idiopathique » signifie qu’aucune cause n’a été trouvée à l’apparition de cette pathologie. Cependant, des causes d’origine multifactorielle sont soupçonnées pour certains cas (génétique, hormonal, neurologique,…).

La scoliose idiopathique peut débuter lors de la période pré-pubertaire et évoluer jusqu’à maturité osseuse. Elle peut avoir des répercussions sur la croissance de l’enfant. En fonction de la sévérité de la scoliose, d’autres complications peuvent survenir : perte de mobilité vertébrale, atteinte des nerfs, arthrite[1] du bas du dos, problèmes respiratoires.

[1] Arthrite : affection inflammatoire, aigüe ou chronique, qui touche les articulations.

Pourquoi la scoliose idiopathique survient-elle le plus souvent à la puberté ?

La croissance osseuse n’est pas uniforme. Les pieds, par exemple, s’arrêtent de grandir vers l’âge de 13 ans, et les jambes, vers 15 ans. La colonne vertébrale, elle, continue à croître jusque vers 18 ans. Lors de la puberté, elle va « grandir » de 6 à 8 cm par an durant deux ans. La scoliose, qui ne pouvait pas être détectée auparavant, se révèle alors pleinement.

Un dépistage précoce, décisif pour l’avenir

Plus la scoliose sera dépistée tôt, plus les traitements seront simples et efficaces ! La scoliose ne présente pas de symptôme particulier, elle se développe sans douleur. C’est pourquoi, le rôle des parents dans le dépistage de la scoliose chez leur(s) enfant(s) est primordial ! Le contrôle doit être systématique lors des visites médicales scolaires ou lors des consultations chez le médecin généraliste. Le dépistage s’effectue principalement entre 10 et 12 ans ou en fonction du pic de croissance (de 11 à 13 ans pour les filles et de 13 à 15 ans chez les garçons). L’examen clinique se réalise en regardant l’enfant debout de dos et en le faisant se pencher en avant. En cas de scoliose, des gibbosités (« bosses ») apparaissent.

Il existe des examens cliniques simples qui peuvent être réalisés par les parents sur leur enfant dès 3 ans :

  • L’asymétrie costale : demandez à votre enfant de se pencher en avant, jambes tendues et jointes, les mains entre les genoux. Ayez un regard rasant, par l’avant ou par l’arrière sur son dos. En principe, son dos doit être plat. Si cet exercice révèle une asymétrie, un côté du dos plus haut que l’autre, il peut s’agir d’une scoliose.
  • La lucarne : observez votre enfant debout, de dos, les bras pendants. Si vous constatez un espace triangulaire entre le bras et le torse, votre enfant est peut être atteint d’une scoliose.

Ces 2 signes d’alerte doivent motiver à consulter rapidement.

Soigner la scoliose, est-ce possible ?

Dans la majorité des cas, la scoliose nécessite uniquement une surveillance régulière tous les 4 à 6 mois jusqu’à la fin de la croissance. En fonction du degré de torsion de la colonne vertébrale, différents traitements sont proposés :

  • De 15 à 25 degrés : surveillance régulière
  • De 20 à 25 degrés : port d’un corset durant la nuit (selon l’enfant et les risques d’évolution)
  • De 25 à 45 degrés : port d’un corset durant la nuit ou jour et nuit (en fonction des cas) et kinésithérapie
  • > 45 degrés : opération chirurgicale. Elle consiste à souder les vertèbres entre elles au niveau de la courbure après avoir redressé la colonne déviée.

Le corset sert à maintenir la colonne vertébrale pour réduire le risque d’aggravation des courbures pathologiques. À ce jour, il s’agit du seul traitement efficace sur des scolioses avérées, contrairement à la kinésithérapie, à l’ostéopathie ou aux semelles orthopédiques qui n’ont pas un rôle de traitement. Cependant, la kinésithérapie garde sa place en complément du corset et permet de freiner l’évolution de la scoliose.

Idée reçue
L’existence d’une scoliose et le port d’un corset constituent une contre-indication à la pratique d’une activité physique.

FAUX ! Au contraire, le sport permet de renforcer les muscles situés autour de la colonne vertébrale. Certaines activités physiques sont particulièrement bénéfiques en cas de scoliose : natation, sports de combat (boxe, karaté), course à pieds. Cependant, il convient de limiter les sports qui impliquent un écrasement des vertèbres (haltérophilie, acrosport, équitation).

Scoliose et cartable, mythe ou réalité ?

Porter un cartable trop lourd ou une charge lourde en général n’est pas responsable de l’apparition d’une scoliose ni de l’aggravation d’une scoliose déjà existante.

En revanche, des douleurs musculaires entre les omoplates et/ou entre la jonction entre le dos et les cervicales peuvent apparaître. Elles sont le plus souvent le résultat de contraintes exercées par les sangles du cartable inadaptées au poids du cartable.

Le choix du cartable reste un élément important pour éviter ces douleurs. Il convient d’éviter le cartable à roulettes qui impose au dos une traction asymétrique. L’idéal est de choisir si possible, un cartable léger, avec bandoulières larges et renforcées de mousse avec une sangle au niveau de la taille. 

La meilleure solution reste de diminuer la charge du cartable, soit en partageant le poids des livres avec un binôme (ce qui permet aux enfants de se faire des amis), soit en profitant des casiers (éventuellement présents) et de prendre le strict nécessaire pour la journée ! D’après une circulaire ministérielle de 1995, le poids des cartables ne devrait pas dépasser 10% du poids de leur porteur. Malheureusement, cette limite n’est pas toujours respectée en pratique.

Sources : AMELI.fr, CHU ROUEN, HAS

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