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Les troubles du comportement alimentaire : l’anorexie mentale

Les troubles du comportement alimentaire : l’anorexie mentale
L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire (TCA) qui se définit comme un besoin obsessionnel de perte de poids. Qui sont les personnes les plus à risque ? Quels sont les différents types d’anorexie et leurs conséquences sur la santé ? Et pour quelle prise en charge ?

 

Qu’est-ce que l’anorexie mentale ?

D’un point de vue médical, une personne est déclarée souffrir d’anorexie mentale lorsqu’elle remplit les 5 critères suivants :

  • Refus de maintenir le poids corporel au-dessus de la norme minimale ;
  • Peur intense de prendre du poids, de devenir obèse malgré une insuffisance pondérale ;
  • Perturbation dans la manière dont le poids corporel, la forme ou la silhouette sont perçus ;
  • Influence exagérée du poids corporel ou de la silhouette sur l’estime de soi ;
  • Absence de règles au moins sur 3 mois consécutifs chez les femmes menstruées.

Les personnes les plus à risque de développer une anorexie mentale sont les adolescentes, les jeunes femmes, les mannequins, les sportifs (danseurs, sportifs avec valorisation du corps), les personnes atteintes de pathologies telles que le diabète de type 1, une hypercholestérolémie familiale…

Quelques signes évocateurs de l’anorexie mentale :

classe d’âge signes évocateurs
Enfant de plus de 8 ans
  • Ralentissement de la croissance staturale
  • Changement de couloir, vers le bas, lors du suivi de la courbe de corpulence (courbe de l’indice de masse corporelle)
  • Nausées et douleurs abdominales répétées.
Adolescent
  • Adolescent ayant un retard pubertaire
  • Adolescente ayant une aménorrhée ou des cycles irréguliers depuis plus de 2 ans après ses premières règles
  • Hyperactivité physique
  • Hyper investissement intellectuel
Adulte
  • Perte de poids supérieure à 15 %
  • IMC inférieur à 18,5 kg / m²
  • Refus de reprendre du poids malgré un IMC faible
  • Femme ayant une absence de règles supérieure à 3 mois
  • Homme ayant une baisse marquée de la libido et de l’érection
  • Hyperactivité physique
  • Hyper investissement intellectuel
  • Infertilité

La maladie en quelques chiffres

L’anorexie mentale touche entre 0,5 et 1% de la population Française. Elle débute généralement à l’adolescence, vers l’âge de 14 ans. Dans 8 % des cas, elle touche les enfants de moins de 10 ans.
L’anorexie mentale touche en grande majorité les jeunes filles / jeunes femmes (90-95% des cas).
Dans les cas les plus graves, l’anorexie peut conduire jusqu’à la mort. 5 à 15 % des malades décéderaient après 10 ans de maladie, 20 % au-delà de 20 ans.

L’anorexie peut prendre 2 formes :

  • Anorexie restrictive : la personne s’impose un jeûne, maigrit et lutte contre la faim.
  • Anorexie-boulimie : alternance entre phases de privation et phase de boulimie (alimentation excessive suivie de vomissements spontanés ou volontaires). Cette forme conduit à un moindre amaigrissement que l’anorexie restrictive.

Mieux comprendre l’anorexie

Caractérisée par une obsession de la minceur, elle conduit à différents comportements :

  • Alimentation = calvaire. Manger est une contrainte, jeûner entraîne une sensation de plaisir, de maîtrise de son corps.
  • Diminution des quantités et choix alimentaires : les aliments riches (gras, salés, sucrés) sont supprimés de l’alimentation. Les autres aliments sont consommés en quantités restreintes.
  • Mise en place de stratégies pour contrôler le poids : absorption de médicaments (laxatifs, diurétiques) ou de coupe-faim, pratique sportive excessive, vomissements…

Les conséquences de l’anorexie mentale

Dans les formes les plus graves, elle peut conduire au risque :

  • De complications : troubles du rythme cardiaque, ostéoporose, infertilité, dépression…
  • De rechute et de désinsertion sociale.
  • De décès : naturel ou par suicide. L’anorexie est la maladie psychiatrique qui entraîne le taux de mortalité le plus élevé.

La prise en charge

La guérison est possible, même après plusieurs années d’évolution.
Les thérapies aujourd’hui proposées permettent de guérir 1/3 des anorexiques. Environ 1/3 conserveront des troubles du comportement alimentaire et 1/3 évolueront vers une dénutrition grave et des troubles psychologiques (dépression).

La prise en charge est adaptée à chaque personne anorexique. Elle peut être faite en ambulatoire (consultations ou hôpital de jour) ou en hospitalisation en fonction de la gravité de la situation.

La prise en charge est pluridisciplinaire pour traiter tous les aspects de l’anorexie mentale (médecin, psychiatre, nutritionniste…) :

  • aspects nutritionnels et diététiques : objectifs de la renutrition, détermination de l’objectif pondéral, modalités et déroulement de la renutrition, surveillance particulière au cours de la renutrition ;
  • aspects somatiques : retard de croissance, infertilité et grossesse, ostéopénie / ostéoporose, vomissements…
  • aspects psychologiques et sociaux : objectif des interventions psychologiques, place de l’entourage, formes de psychothérapies, durée de la psychothérapie.

Vous avez entre 12 et 25 ans, souffrez d’anorexie et souhaitez avoir de l’aide. Appelez « Fil Santé Jeune » au 0800 235 236. Ce service anonyme et gratuit est à votre disposition tous les jours, de 9h à 23h.

Également, le numéro Azur « Anorexie Boulimie, Info Ecoute » 0810 037 037 (prix d’un appel local) est disponible pour toute personne confrontée directement ou indirectement aux troubles des conduites alimentaires (anorexie mentale ou boulimie) : patients, entourage familial, proches et professionnels de santé. Cette ligne téléphonique permet d’obtenir des conseils, des informations, d’être orienté pour une prise en charge ou vers une structure d’urgence. Des permanences avec des professionnels de santé sont proposées : psychologues (mardi de 19h à 21h, vendredi de 16h à 18h) ou médecins (lundi et jeudi de 16h à 18h).

Sources : Haute autorité de santé (HAS),Ministère des Affaires sociales et de la Santé

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