Directrice ressources humaines sensible au handicap

homme douleur tete

Pas facile de dire à son employeur que l'on a un handicap.

Hélène Opiola, DRH (Directrice des Ressources Humaines) de la ville de Douai, l’a compris et a décidé de partir à la rencontre des agents. très impliquée dans la cause du handicap, elle milite avec son équipe et l’appui du directeur général des services, pour le bien-être au travail de chacun.

 

Intériale :
Comment concilier handicap et vie professionnelle ?

Hélène Opiola :

« Ce qui fait peur, c'est de poser le mot « handicap » sur un problème de santé et d'admettre, dans son travail, les difficultés rencontrées pour accomplir ses missions », explique Hélène Opiola. Quand, suite à un accident, on ne parvient plus à faire certaines choses correctement, le chemin est long pour se dire « j'ai un handicap ». Il faut faire un travail de deuil sur certaines de ses aptitudes, il faut accepter. C'est difficile. On s'interroge sur les conséquences professionnelles. Il y a de la crainte. Alors beaucoup choisissent de ne rien déclarer. D'autant que 80 % des handicaps (diabète, asthme, etc.) passent inaperçus.

 

Intériale :

Comment créer un climat favorable ?

Hélène Opiola :

Dans ce contexte, la mission d'Hélène Opiola et de son équipe est claire : créer un climat favorable pour échanger avec les agents sur le thème du handicap. « Depuis 2008, nos actions à la mairie de Douai tournent autour de la santé, avec des formations (aux premiers secours, aux gestes et postures, etc.), des dépistages (vision, cholestérol, etc.), des conférences (sur le cancer, le stress, etc.) et des ateliers participatifs. Progressivement, nous avons introduit le thème du handicap dans ces rendez-vous. Par exemple, des parcours de simulation en fauteuil roulant ou les yeux bandés », précise-t-elle.

 

Intériale :

Comment le théâtre peut aider à s'exprimer ?

Hélène Opiola :

En 2010, le dialogue se poursuit au théâtre municipal de Douai avec des scénettes sur le handicap, où les agents sont appelés à s'exprimer. « Ma mission est de dédramatiser, de faire tomber les tabous. Je leur explique les solutions qui existent et les incite à venir me parler », confie-t-elle. Quel que soit le handicap, l'objectif est d'abord de maintenir l'agent dans son poste avec les aménagements nécessaires. Si cela n'est pas possible, un reclassement, tenant compte de ses désirs et compétences - est envisagé au sein de la collectivité. « C'est dans l'intérêt de tous de prendre en compte le ressenti de l'agent pour que cela fonctionne ! », conclut-elle. En 2011, 4 agents se sont déclarés auprès de la DRH et une dizaine sont en attente. Toutes ces déclarations relèvent d'une démarche volontaire inscrite dans un échange soutenu avec la Direction des Ressources Humaines.

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