Brigadier au GIPN de Lille

Stéphane L., Brigadier, Membre du Groupe d'Intervention de la Police Nationale de Lille

 

Intériale :

Qu’est ce que le GIPN ?

Stéphane L. :

"Il a été créé en 1972 à la suite de l’attentat de Munich. Les membres du GIPN interviennent dans des situations d’extrême violence ou à haut risque telles que les prises d’otages, les actes de terrorisme, les interpellations d’individus dangereux ou de forcenés… Il y a 7 GIPN au niveau national et environ 20 personnes par entité. Comme le RAID, nous sommes rattachés à la Force d’Intervention de la Police Nationale."

 

Intériale :

Comment avez-vous intégré le GIPN de Lille ?

Stéphane L. :

"Je suis rentré en école de police en 1985 à l’âge de 21 ans. Après un cursus CRS et un passage en police secours, j’ai passé l’habilitation GIPN en 1993, je vais bientôt fêter mes 20 ans de service ! Le GIPN correspond à ma personnalité : un engagement très fort à la fois sportif et psychique, une forte solidarité avec mes collègues et un goût pour les opérations de terrain."

 

Intériale :

Comment intègre-t-on le GIPN aujourd’hui ?

Stéphane L. :

"Le GIPN reçoit beaucoup de dossiers d’admission ; les procédures sont très rigoureuses et, au final, il y a très peu de candidats admis. Les stages de recrutement se déroulent sur 10 jours et poussent les candidats au bout de leurs limites pour voir comment ils réagissent dans des situations extrêmes : on recherche des personnes solides, surtout pas des cow-boys !"

 

Intériale :

Racontez-nous votre quotidien ?

Stéphane L. :

"Cela fait 20 ans que je vis avec un bipeur à ma ceinture. Dès qu’il sonne, je rejoins rapidement mon service pour partir en intervention. Hier matin, par exemple, après un réveil à 4h du matin, j’ai enfilé mon gilet pare-balles à 5h et suis parti toute la journée en intervention pour des arrestations de présumés terroristes. J’étais de retour chez moi vers 21h00 après avoir patrouillé tout le département avec plus de 30 kilos de matériel sur le dos."

 

Intériale :

Vous arrive-t-il d’avoir peur ?

Stéphane L. :

"On est soumis à une forte pression dans notre travail mais nous sommes tous surentraînés : on fait beaucoup de sport, du footing, de la musculation, du sport de combat. On fait également de nombreuses simulations et on a 2 à 3 séances de tir par semaine au cours desquelles on tire à chaque fois de 50 à 100 cartouches. En entrainement, un policier du GIPN tire à lui seul ce que certains services de police peuvent tirer à l’année ! On n’est pas des surhommes, on est des policiers bien entraînés.

Par ailleurs, nous sommes une équipe très soudée, nous avons confiance les uns envers les autres. Ma seule peur est de mal faire mon travail, je n’ai pas le droit à l’erreur."

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